ZWO Seestar S30 : présentation et fiche technique
Le ZWO Seestar S30 est un télescope intelligent : un petit tube optique, une caméra, une monture motorisée et un ordinateur dans un seul boîtier. Vous le posez dehors, vous le connectez en Wi-Fi à votre smartphone et il fait le reste : il se met à l’heure, s’aligne sur les étoiles, pointe l’objet choisi, fait la mise au point et empile les images en direct. Sur Amazon, il apparaît sous la désignation « Smart Telescope ZWO AP 30/150 Seestar S30 » à environ 459€ (prix au 16/10) au moment de la rédaction.
Les valeurs ci-dessous viennent du test de BBC Sky at Night Magazine, d’AstroBackyard et des caractéristiques de lancement du fabricant, relayées par ScopeTrader. Nous n’avons pas pu consulter directement la page officielle de ZWO.
| Caractéristique | Valeur |
|---|
| Optique | Triplet apochromatique de 30 mm, verre à très faible dispersion |
| Focale | 150 mm, f/5 |
| Capteur | Sony IMX662 Starvis 2, 1 080 × 1 920 pixels (téléobjectif) |
| Champ | 1,20° × 2,13° (BBC Sky at Night Magazine) |
| Objectif grand angle | Caméra secondaire 1 920 × 1 080 pour paysages et suivi |
| Filtres intégrés | UV/IR, double bande (OIII et H-alpha), sombre |
| Filtre solaire | Magnétique, fourni |
| Batterie | 6 000 mAh, environ 6 heures annoncées |
| Stockage | 64 Go interne |
| Connexion | Wi-Fi, Bluetooth, USB-C |
| Poids | Environ 1,65 kg (ZWO via ScopeTrader) ; 1,80 kg avec trépied (BBC Sky at Night Magazine) |
| Dimensions | 210 × 140 × 80 mm (ScopeTrader) |
| Garantie | 24 mois selon la fiche Amazon |
Attention aux homonymes : le Seestar S30 n’est pas le S50, ni le S30 Pro, qui utilise un autre capteur. Les chiffres de poids varient d’une source à l’autre, notamment sur l’inclusion du trépied.
Ce qui est livré
D’après BBC Sky at Night Magazine, la boîte contient l’appareil, un filtre solaire, un sac de transport, un trépied de table non réglable et un câble USB-C. Un filetage standard de 3/8 pouce permet de le fixer sur un autre trépied, comme le confirment ZWO et ScopeTrader.
Optique et capteur : ce que l’on obtient
Avec 150 mm de focale et un petit capteur, le champ est assez large : 1,20° × 2,13°, soit plus de quatre fois la largeur de la Lune. Cela convient bien aux grandes nébuleuses et aux grandes galaxies. BBC Sky at Night Magazine a cadré la nébuleuse de la Rosette en une seule image sans mosaïque, malgré la pollution lumineuse. Le mode mosaïque, intégré, permet d’élargir le champ jusqu’à 2,39° × 4,25°.
Le test note qu’il n’y a pas de frange colorée autour des objets brillants, ce qui est cohérent avec un triplet apochromatique. La résolution du capteur est modeste (environ 2 mégapixels) : n’attendez pas des images de grand format. L’échelle de l’image est de 4 secondes d’arc par pixel.
Les grossissements ne s’appliquent pas ici, puisqu’il n’y a pas d’oculaire. Le détail dépend de l’ouverture de 30 mm et de la focale de 150 mm : c’est suffisant pour les nébuleuses, les amas et la Lune entière, pas pour les planètes.
Utilisation : pointage, suivi et application
L’application propose un ciel interactif : vous touchez un objet, l’appareil s’y rend (GoTo) et commence l’empilement. BBC Sky at Night Magazine juge la précision du pointage excellente sur le ciel profond, moins fiable sur le Soleil et la Lune brillante. Le plate solving, qui identifie la zone du ciel à partir des étoiles, assure ce pointage.
AstroBackyard décrit une application intuitive et claire, avec des consignes vocales, mais où certaines fonctions, comme le mode équatorial, sont difficiles à trouver. L’utilisateur règle lui-même la durée de pose (10, 20 ou 30 secondes, jusqu’à 60 secondes en mode équatorial). L’appareil assure un suivi automatique, mais il ne rattrape pas un objet qui sort du champ.
Une mise à jour d’application a ajouté un mode équatorial, qui limite la rotation du champ. BBC Sky at Night Magazine ne l’a testé que brièvement et précise qu’il demande une cale ou une rotule réglable. AstroBackyard a eu besoin d’essais pour obtenir une mise en station à environ 1° près.
La batterie de 6 000 mAh tient environ 6 heures en usage normal. Le chauffage anti-buée intégré consomme de l’énergie. Une batterie USB-C externe permet de poursuivre toute la nuit.
Ce qu’on peut observer et photographier
- Ciel profond : AstroBackyard obtient de bons résultats sur nébuleuses brillantes et amas après 30 à 60 minutes d’empilement depuis un site de classe Bortle 6. Les galaxies très faibles restent difficiles. BBC Sky at Night Magazine a capté la nébuleuse d’Orion en 37 minutes de poses de 10 secondes avec le filtre double bande.
- Ciel pollué : le filtre double bande fait ressortir les nébuleuses à émission même sous un ciel urbain, selon AstroBackyard. Les galaxies, elles, y sont beaucoup plus difficiles.
- Lune : le test de BBC Sky at Night Magazine montre la Lune entière, issue d’une vidéo de 62 secondes empilée avec des logiciels externes.
- Planètes : peu adapté. AstroBackyard et BBC Sky at Night Magazine pointent la focale courte et l’ouverture limitée.
- Soleil : possible uniquement avec le filtre solaire magnétique du fabricant, placé devant l’objectif, comme décrit par BBC Sky at Night Magazine. Suivez la notice de ZWO et ne vous en passez jamais.
- Paysages et journée : la caméra grand angle sert aux vues d’ensemble et au suivi, mais le changement de mode est jugé un peu lourd par AstroBackyard.
Les résultats dépendent de la météo, de la pollution lumineuse et de la turbulence, des notions générales rappelées par les associations d’astronomie.
Transport et rangement
C’est son grand atout. À environ 1,65 kg, il se soulève d’une main, selon BBC Sky at Night Magazine, et le tout tient dans le sac fourni. Cela en fait un compagnon de voyage ou de balcon, loin des télescopes classiques qui demandent une voiture. Le trépied de table fourni n’est pas réglable : placez-le sur un support stable.
Ce qu’en disent les tests
- BBC Sky at Night Magazine (Sarah Peasgood, juin 2025) : avis très favorable. Le test loue la légèreté, le silence, le pointage et le filtre antipollution. Il regrette les possibilités limitées pour les planètes et le grand angle.
- AstroBackyard (Ashley Northcotte) : excellent rapport qualité-prix pour l’imagerie du ciel profond facile, y compris sous un ciel pollué. Il note la dépendance à l’application et l’impossibilité d’évoluer.
- ScopeTrader : fiche de spécifications du lancement.
Comparaison avec d’autres produits
Le Vaonis Vespera II est un autre télescope intelligent, que nous présentons dans son propre avis. Si vous préférez regarder dans un oculaire, le Celestron StarSense Explorer 130 Dobson vous guide dans le ciel avec votre téléphone, mais ne photographie pas. L’Omegon N 150/750 EQ-3 offre bien plus d’ouverture pour l’observation visuelle, au prix d’un montage et d’un pointage manuels. Pour un panorama complet, consultez le comparatif des meilleurs télescopes et le guide pour choisir un télescope.
Pour qui, pour qui pas
Pour vous si vous voulez de belles images du ciel profond sans connaître le ciel, voyagez léger, habitez en ville avec un balcon ou un jardin.
Pas pour vous si vous aimez voir le ciel à l’oeil, si les planètes vous intéressent en priorité, ou si vous voulez faire évoluer le matériel : l’optique n’est pas interchangeable. Les passionnés d’astrophotographie avancée chercheront un équipement plus ouvert. Pour des conseils de démarrage, voyez notre guide de la première observation.
Verdict
Le ZWO Seestar S30 rend l’astrophotographie du ciel profond accessible, pour un prix d’environ 459€ (prix au 16/10). Il est compact, silencieux et bien conçu, et son application fait l’essentiel du travail. Ses limites sont claires : pas d’oculaire, peu de détails sur les planètes et une optique fixe. Si ces compromis vous conviennent, c’est une très bonne porte d’entrée.
Voir le prix du ZWO Seestar S30 sur Amazon